IMT Mines Albi forme des ingénieurs pour l'industrie automobile

20 juillet 2021

IMT Mines Albi forme des ingénieurs dans le domaine des matériaux pour l’automobile et des transports du futur, grâce à l'option "Ingénierie des matériaux avancés et des structures" accessible pour la filière étudiante et à l'option "secteur industrie manufacturière mécanique et aéronautique" accessible pour la filière en alternance. 

jeanlouismathe-SIA.png

jeanlouismathe-SIA.png, par csuderie

Jean-Luc Maté, ingénieur et représentant de la Société des Ingénieurs Automobile (SIA) Occitanie et Thierry Cutard, Professeur IMT Mines Albi, nous en disent plus sur le sujet au travers du partenariat SIA - IMT Mines Albi

"Tout est possible, le futur est entre les mains de nos ingénieurs ! [...] La SIA est en train de rédiger un livre blanc des compétences, qui permettra de revisiter les formations dispensées à IMT Mines Albi en lien avec les attentes des grands de l’industrie automobile française et internationale. Tous les ans, une révision du travail réalisé et de l'évolution des attentes de l'industrie automobile assurera à IMT Mines Albi d’être à la pointe dans ce domaine pour faire en sorte que ses élèves ingénieurs soient parmi les plus recherchés en Europe." Jean-Luc Maté.

Est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Je suis Jean-Luc Maté, le représentant de la SIA en Occitanie. J’ai une carrière principalement dans l’industrie automobile mondiale.
J'ai débuté en tant qu’ingénieur électronicien au développement d’une société commune créée par la régie nationale des usines Renault et par l’américain Bendix (inventeur de l’ABS et de l’injection). J’ai occupé de nombreux postes de direction dans des entreprises du secteur automobile et j’ai notamment oeuvré en tant que pionnier au développement du véhicule du futur.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur le partenariat entre la SIA et IMT Mines Albi ? Quelle est sa genèse ?

J’ai été invité par IMT Mines Albi à transmettre les messages clés sur ce que sont l’industrie automobile et les véhicules du futur en tant qu'intervenant vacataire pour les enseignements. J’ai ainsi pu inciter les élèves à rejoindre l'option techniques automobile, un type de spécialisation en matériaux et en mécanique peu répandue en France. Je me suis ainsi rendu compte que cette école avait des spécificités tout à fait intéressantes et de son intérêt à se rapprocher de la SIA et donc des principaux sièges de l’industrie automobile situés en région parisienne.
Ce partenariat offre aux étudiants l'opportunité d'assister à de nombreuses conférences dispensées par des intervenants du monde de l’industrie automobile, à des salons pour étudiants comme MonJob@FuturAuto et à des publications de la SIA. IMT Mines Albi est une école qui a fait des choix stratégiques et qui mérite d'être connue de tous ;  pour cette raison nous oeuvrons pour la réputation des formations qui y sont données, notamment l'option techniques automobile.

Avez-vous des objectifs à court terme ? Comment voyez-vous évoluer le partenariat ?

Nous avons tendance à dire qu’en France il est difficile pour les industriels d'exprimer leurs besoins et de faire en sorte que les étudiants qui rentrent dans les cycles de formation soient immédiatement aspirés par l’industrie après obtention de leur diplôme. Grâce à des relations privilégiées qui se mettent en place entre ce que l’on appelle les communautés d’experts de la SIA (par exemple la communauté d'experts Matériaux qui réunit les meilleurs experts de France dans le domaine des matériaux automobiles, constructeurs, équipementiers) et les grandes écoles, telles qu'IMT Mines Albi, cet apriori est en train de d'évoluer. La SIA rédige un livre blanc des compétences, qui permettra de revisiter les formations dispensées à IMT Mines Albi en lien avec les attentes des grands de l’industrie automobile française et internationale. Tous les ans, une révision du travail réalisé et de l'évolution des attentes de l'industrie automobile assurera à IMT Mines Albi d’être à la pointe dans ce domaine pour faire en sorte que ses élèves ingénieurs soient parmi les plus recherchés en Europe. Et d'autres pistes concrètes sont exlorées pour renforcer ce partenariat.

Intervention de Thierry Cutard, professeur IMT Mines Albi : depuis quelques années, nous avons à coeur de faire intervenir les experts des communautés de la SIA, en particulier la communauté sur les matériaux (polymères, métalliques, composites) mais aussi dans des domaines parfois moins connus des étudiants comme la « qualité perçue ». Grâce à ces interventions, nous avons une réactualisation des besoins ou des challenges du secteur automobile. La formalisation par la SIA des processus et du livre blanc des compétences seront des éléments importants et stratégiques quand il s’agira de définir les nouvelles lignes directrices et les ajustements de nos filières de formation.

Comment le secteur s'adapte aux mutations et transitions actuelles ?

Nous sommes en marche forcée sur l’électrification et l’usage d’énergie renouvelable mais c’est quelque chose que l’industrie automobile a toujours préparé. Déjà en tant que jeune ingénieur, j’étais confronté aux normes anti-pollution et autres exigences. Je peux vous dire très clairement que le petit véhicule urbain est en train d’évoluer, nous avions un couteau suisse qui était capable de performances extraordinaires (aller jusqu’au cercle arctique, température de -40°C à +85°C, autonomie de 600km), nous avions un couteau suisse de la mobilité qui était un outil technologique des plus en pointe puisque toutes les technologies innovantes étaient dans le véhicule (électronique, informatique, logiciel). Aujourd’hui, l'automobile est en train de se métamorphoser grâce ou à cause de la transition énergétique et va devenir de plus en plus un véhicule propre, électrique. On voit aussi apparaître une filière particulière et importante pour la génération des énergies renouvelables vertes : l'hydrogène. Un nombre considérable de nouveaux matériaux vont rentrer en ligne de compte pour faire en sorte que le véhicule de demain soit un véhicule réellement versatile au niveau énergétique mais surtout très propre (nouvelles piles à combustible, nouveaux réservoirs à haute pression, allègement des véhicules, …).
Les constructeurs traitent cet enjeu tant pour le volet énergétique que pour l’aspect de la gestion du cycle d’éco-conception et de recyclage. S'il est important que tous ces véhicules soient recyclables, il est aussi essentiel qu'ils soient partagés. Pour cela, il faut qu'en 1 clic nous puissions les obtenir pour aller d’un point A à un point B. Ainsi, on voit apparaitre des véhicules qui sont à la fois énergiquement propres, connectés (donc partagés), recyclables (pour ne pas générer une empreinte écologique négative) et on parle aussi d’autonomisation, de robot taxi. Aujourd’hui nous pouvons appeler un taxi via une application mobile, demain nous aurons dans les grandes métropoles en complément des métros, bus, tram, des robots taxis que l’on appellera avec son téléphone. Tout ce qui se passe actuellement dans l'écosystème, l’architecture ou la technologie de ces véhicules est une révolution. Et pourtant cette vision de l’automobile que l’on a actuellement, sera vintage dans 20-30 ans pour les jeunes qui naissent aujourd’hui car la mobilité aura complètement changé. Les jeunes ingénieurs d’aujourd’hui qui sortent des écoles sont attendus pour changer le monde de demain.

Est-ce que vous voyez justement des grandes tendances qui se dessinent pour les décennies à venir ?

Tout est possible, le futur est entre les mains de nos ingénieurs. L’automobile est une industrie qui ne pardonne pas les erreurs. Faire des choses qui ne fonctionnent pas bien, qui sont dangereuses ou trop chères, n’est pas envisageable dans notre industrie. Est-ce que nous aurons des batteries entièrement solides pour stocker plus d’énergie mais plus petites ? Est-ce que la transition à l’hydrogène sera complète ? Est-ce que les nouvelles mobilités douces (VAE, trottinette électrique) et toutes les nouvelles mobilités à venir seront populaires ? Pour la logistique urbaine du dernier km, est-ce que nous aurons encore des utilitaires tels que nous les voyons aujourd’hui ? Certainement pas ! Est-ce que nous aurons des robots nomades ou des petits robots autonomes de livraison qui viendront sonner à nos portes ? Je crois qu’aujourd’hui le domaine du possible est considérable car nous savons que nous devons franchir le pas de la transition énergétique, économiser les matières (les matériaux doivent être légers, souples, recyclables, abordables dans leur mise en œuvre et leur coût) et nous savons que l’activité humaine doit se réguler au rythme de l’utilisation de ces ressources naturelles. Je vois aujourd’hui une floraison de solutions considérable. J’ai été surpris d’analyser que l’année dernière pendant la pandémie, les Français ont acheté 690 000 trottinettes électriques utilisant beaucoup moins les transports en commun que par le passé. Il y a des mutations qui sont liées à la transition énergétique mais aussi à des phénomènes sociétaux. La pandémie a eu un impact considérable sur les habitudes de consommation de la mobilité des citoyens des grandes villes.

Comment rassurer nos élèves quant à la viabilité du secteur automobile ?

Est-ce que concevoir une navette autonome alimentée par de l’hydrogène est moins enrichissant que de concevoir un petit véhicule urbain traditionnel ? Je ne pense pas. La complexité de la conception va s’intensifier car il est plus difficile de concevoir des véhicules légers que des véhicules lourds. Aujourd’hui, ils sont lourds car nous ne savons pas éviter les collisions entre ces véhicules : si nous avions 0 accident et s’ils ne rentraient pas en collision, nous pourrions faire des véhicules légers. Depuis 20 ans, les véhicules se sont alourdis car nous avons rajouté des caractéristiques de sécurité passive. Je pense que pour des ingénieurs, la filière automobile est une filière extrêmement intéressante car nous allons continuer à avoir besoin de mobilités sous toutes ces formes. Quels que soient les nouveaux moyens de transport que nous aurons dans nos villes et nos campagnes, il va bien falloir les concevoir et donc avoir recours à d'excellents ingénieurs pour s'en charger.

Intervention de Thierry Cutard, professeur IMT Mines Albi : les ingénieurs généralistes formés par IMT Mines Albi sont particulièrement bien armés face à cette complexité. Le nombre de disciplines qu’il faut être en capacité de considérer ne cesse d’être grandissant donc cela donne de nouvelles dimensions à cette complexité. Et le fait de se spécialiser certes, mais tout en gardant une vision généraliste, va permettre à ces futurs ingénieurs diplômés de l’école d’être armés sur un spectre large de connaissances et de compétences pour mieux aborder la prise en compte et la résolution de certaines de ces problématiques. De plus, ces problématiques ont une déclinaison en terme de recherche et développement, et, à IMT Mines Albi, il y a des centres de recherche dont les activités et certains programmes de recherche sont en lien direct avec des enjeux liés par exemple à l’hydrogène, au recyclage des matériaux, à l’allégement des véhicules. C’est aussi une richesse pour nos élèves d’être en lien à la fois avec des experts du monde industriel mais aussi des chercheurs qui contribuent à résoudre des problèmes qui sont d’actualité pour relever des challenges comme ceux déjà évoqués.

Pour conclure :

Un ingénieur automobile est recherché par toutes les filières du transport. Si vous parlez aux fabricants du TGV du futur, ils vous diront « il faut l’alléger, lui donner de meilleures performances énergétiques, améliorer la connectivité et la liaison satellitaire ». Aujourd’hui, les filières ferroviaires et maritimes doivent évoluer, il faudra aussi des machines électriques et de l’hydrogène pour les alimenter. L’aéronautique va également s’appuyer sur l’effet de volume des technologies du terrestre permettant d'industrialiser des pièces abordables.

Les experts aéronautique vont recruter des ingénieurs de l’automobile pour leurs compétences sur l’électrification, la gestion énergétique et les matériaux. Il y a une transversalité importante d’un ingénieur de l’automobile en direction d’autres secteurs du transport en demande, notamment de transition énergétique.

Actualités